Paranoid Patchwork - Tome 2 - "Les chroniques de Gabriel"




Sans rentrer dans les détails, j’étais inscrit dans l’ADN de l’univers mais il m’a fallu du temps pour prendre forme à partir de rien. Il faut neuf mois pour un être humain, il m’en a fallu beaucoup plus sur l’échelle chronologique que vous avez mise en place. Je suis le principe masculin universel. Mais, je n’aurais pu exister sans mon complément féminin. Plus tard, vous nous avez appelé Gwetzilh et Damorriga. Ou autrement en fonction de vos peuples et de vos migrations sur cette planète.

Aujourd’hui, j’habite encore parmi vous. J’ai trop de vos années pour les compter ; de toute manière, mon temps s’écoule différemment du vôtre. Mais comme vous, je vais mourir. Comme peu d’entre vous, parce que j’en ai fait le choix. Ainsi, j’en aurai fini de mon destin, tout du moins de celui que je me suis choisi : j’avais quitté l’éternité pour l’humanité. Tout choix a ses conséquences…


Je suis fatigué de voir vos conneries alors je vais vous laisser en ayant rendu service à l’un des vôtres qui a mal tourné. J’ai toujours (et je sais de quoi je parle) trouvé étonnant votre capacité à fabriquer du tyran. Comment un apprenti artiste autrichien peut mettre l’Europe à feu et à sang ou encore comment un mari infidèle peut éradiquer toute une ligne temporelle. Heureusement que l’espoir ou le remord existent…

C’est cela que je veux partager avec vous pour mes dernières heures. Vous raconter quelques vies, d’autres « vous » que vous avez croisés ou négligés ou simplement, comme souvent, pas vus. Aveuglés, mes pauvres amis, par les œillères de votre vie branlante.

Plus on rétrécit son champ de vision, plus on est persuadé que l’on sera heureux. Moins de choses à prendre en compte. Simplifier au maximum pour avancer et se protéger de ces autres si dangereux. Et pendant ce temps, plus vous baissez la garde, plus, on vous l’enfonce profond… l’épée de la manipulation.

Epée que j’ai du saisir et utiliser à maintes occasions. Cependant, à un moment, on a toujours une dette de vérité. Non point parce que le mensonge s’est immiscé, mais juste parce qu’il y a un temps pour tout et que certaines paroles ne trouvent de justification qu’avec le temps écoulé et non dans l’appréciation du moment.

Je ne demande aucun pardon car je sais les pourquoi de ce que j’ai fait, en m’affranchissant des diktats d’une pensée unique de circonstance. Je pouvais le faire, moi qui ai assisté à tant de mouvements de pensées contradictoires et répétitifs. L’Homme s’épuise tant à réinventer toujours la même chose.

Pour ma part, je vais faire en sorte de vous présenter la logique qui a dicté mes choix et guidé mes actions. Pour commencer, je vous dois quelques éléments dont Céline Herry n’a jamais eu connaissance…

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