A toi, l'assassin, mon frère ?...





Ceux qui te demandent de tuer au péril de ta vie ne te le diront pas, mais jamais tu n’iras à la droite de ton Dieu. La seule place qui t’attend est, au mieux, en enfer. Sais-tu pourquoi ?

Je ne connais pas ta religion en profondeur, je ne suis qu’un mécréant. Mais j’ai cherché et je n’ai pas trouvé comment comprendre que tu puisses tuer et te sacrifier pour ton Dieu. Comment tu acceptes que ta vie puisse être réduite en charpie et que jamais celle-ci ne soit déposée dans un linceul, tournée vers la Mecque ? Que jamais personne ne puisse venir se recueillir et se souvenir ?

Le Coran interdit fermement le meurtre, notamment dans la sourate «Les animaux» (VI-151): «Éloignez-vous des péchés abominables, apparents ou cachés. Ne tuez personne injustement. Dieu vous l’a interdit.»
Tuer des gens qui ne t’ont rien fait , est-il juste ?

Dans la sourate «La Table» (V-30), il condamne le fratricide d’Abel par Caïn et donne le fondement de l’humanisme musulman: «Quiconque tue une personne non coupable de meurtre ou de dépravation, c’est comme s’il avait tué tout le genre humain. »
Est-ce de la dépravation que de vivre librement sans rien imposer aux autres ?

Mais, plus important, dans la sourate «Al Isra» (XVII-33), il est encore prescrit: «Ne détruisez point la vie que Dieu a rendue sacrée.»
T’estimes-tu donc supérieur à Dieu pour t’arroger le droit de tuer ce qu’il a créé?


Au nom de ces trois commandements, Allah ne t’accueillera pas. Tes « chefs » peuvent te le dire comme ils veulent, t’abreuver de belles paroles et de poison pour t’endoctriner, t’enfumer le cerveau et glorifier ton sacrifice futur, Allah ne t’accueillera pas. Donc, toi, qui t’apprête à suivre ou qui suis déjà de beaux parleurs, ivres de pouvoir, sache qu’ils te sacrifieront sur l’autel de leur aveugle folie, en se partageant le fruit sonnant et trébuchant de leur avidité. Ils ne sont que faux prophètes qui jouissent de tout ce qu’ils condamnent. Pour ces raisons aussi, Allah ne t’accueillera pas. Tu n’iras pas au Paradis.

Peut-être que ta vie ne te plait pas, que tu te sens exclu de cette société. Que les valeurs de liberté, de respect, d’ouverture, de fraternité et d’égalité ne te parlent pas. Ne te donnent pas l’envie d’être meilleur pour construire un paradis sur Terre.
Ce sont pourtant les miennes, celles que partagent celle ou celui que tu ne connais pas, celles que je partage avec celles et ceux que tu menaces. Celles que partagent tes collègues, ton voisin, tes amis et tes parents. Celles que nous t’offrons sans te demander de sacrifier ta vie.

Alors tu peux nous tuer, tu peux tuer ceux qui nous sont chers, tu peux même tuer celles et ceux que nous ne connaissons pas, nous serons là, toujours plus nombreux, toujours plus forts. Pour te tendre la main avant que tu ne tombes. Car « Quiconque sauve une personne, c’est comme s’il faisait le don de sa vie à toute l’humanité («La Table» (V-30). »


Je ne te juge pas. Tu as encore le choix, mon ami, mon frère...


Si tu continues le djihad de ceux qui te manipulent, ta mort sera vaine, ton sacrifice inutile et ta vie, finie. De ça, nous sommes sûrs.

Si tu choisis la Mort et la voie des larmes, du feu et du sang, alors prépare toi à l’enfer par deux fois : celui que nous te ferons vivre ici-bas car nous défendons nos valeurs et, surtout, celui que tu vivras éternellement.

Si tu choisis la Vie, je serai là, à tes côtés, içi, maintenant et même après.