J'aime le Q


petite teqste ludiQue et sans importance mais au potentiel viral certain, au lancement tout du moins...

" Quel Qon !! " se dit l'éqrivain en herbe devant son qlavier tandis qu'il qommence à aligner quelques lettres sans vraiment savoir où son défi formel va le mener. Parce que c'est sûr qu'un titre pareil sent à plein nez l'attrape gogo estival gavé(e) de leqtures en images pipole ou en " comment-ca-s'appelle-déjà-ce-genre-vaguement-litteraire-commercialisé-pour-encanailler-l'indolente-ménagère-ou-s'esclaffer-la-bobo-branchée ? ". Mais voilà l'homme à l'azerty (qui n'a pas pris le temps de convertir sa frappe en qwerty pour, à qoups sûrs, en mettre plus) n'est pas de ce genre là, mesdames et messieurs. Oh non !!! Il n'est pas de ce genre.

Qar le " Q ", voyez-vous, est au journaliste franqophone - français, belge wallon, suisse de Genève, qanadien du Quebeq, ce qui n'est pas un hasard, parfois afriqain... ou exerçant une fonction diplomatique ou olympique, mais donq pas journaliste- ce que le " W " est à l'un de ses homologues anglo-saqssons. Un aqsse méthodologique permettant de garder le qap et l'attention de son leqteur et de sa leqtrice, en lui donnant rapidement les réponses à des questions qu'il/elle ne s'est pas posées : qui, quoi, quand, voire, s'il est suffisamment payé, qomment...Ainsi, de fait, à l'heure où l'information se vit en direqt redondant, à l'heure où ses lignes prennent la vie que vous aurez l'amabilité de leur inssufler, il semble évident qu'au-delà des 8 points miminum que donne au sqrabble cette noble lettre de l'alphabet, le Q est au qoeur de notre quotidien, et ce, quelle que soit notre aqtivité ou orientation seqssuelle.

Maintenant, que votre rétine s'est gentiment habituée à ce petit jeu typographique, il convient de reprendre le cours normal de notre sujet. C'est frustrant, mais avouez qu'au bout d'une durée certaine, celui-ci aurait été au mieux une facilité, au pire un artifice, à force de vouloir tordre bon nombre de mots comportant au moins un " K ", un " X " (qui n'est jamais loin dès lors que l'on aborde le " Q ") ou un " C ", sous condition de ne pas être succédé d'un " u ", d'un " o " voire, farceuse, mais formidable, langue française, d'un " a ".

Le Q est remarquable. Quand bien même il divise, on lui reconnaît des qualités. Il est le graphème hermaphrodite par excellence, tout en rondeur et arborant une petite queue facétieuse, quelle soit courbe ou droite, en fonction de l'humeur du calligraphiste. Souvent signe de conjonction, il n'est pas rare, qu'il permette, au gré des moments, de lier des phrases, d'agrémenter un propos, d'enrichir un simple sujet-verbe-complément. " Tandis que ", " Alors que ", " Bien que ", " Quel(le) que "... Autant de liants pour la sauce des conversations.

Le " Q " est aussi conflictuel. Il mène au lit comme au champ de bataille tous ceux et toutes celles qui ont des différents soit de quotidien, soit de terrain. Pour des mots et des intonations mal choisis ou peu contrôlés, combien d'assiettes cassées, de portes claquées, de " je-retourne-chez-ma-mère ", de " je-ne-vous-salue-pas-Marie ", de " puisque-c'est-ainsi-c'est-la-guerre ", de " Tirez-les-premiers-messieurs-les-anglais ". La Querelle, qui pour une consonne demeurerait une spécialité lyonnaise, rythme ainsi les cycles de l'homo erectus qu'il soit devenu sapiens ou peut-être un jour, Qui sait, Superior.

Exclamation superlative ou dénigrante, le Q donne à son porte-voix des airs de comédien ou de diva, invitant l'auditoire à, soit acquiescer, soit à être prêt pour une joute verbale dont le sujet sera souvent moins important que les effets dialectiques employés. Pour un " Quel film formidable !!!" ou une " Quelle bombe ", combien de " Quel gros con, celui-là " ou de " Quelle poufiasse " égrennent de façon conclusive les fins de soirées.

Bref, le " Q " est partout. Dans ou sur les journaux, à la télévision, sur internet, dans l'intimité. Le " Q " est éternel et universel, pour peu que l'on se serve d'un alphabet et d'une langue qui ait compris toute son importance. Le " Q " se transmet de génération en génération, et ainsi, tel Jules levant les bras au ciel dans un élan paternel, nous pouvons nous exclamer " Tu QuoQue mi fili ". 

Au " Q " mes amis ! Au " Q " !


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Illustration : Olivier G. Boiscommun : http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Boiscommun